Montréal ne m’a pas laissé le souvenir ébloui que j’attendais pourtant…
j’y ai vécu une expérience incroyable! Pas de coup de foudre immédiat, pas de scène qui s’impose d’elle-même. Et pourtant, en y repensant, deux moments continuent de me trotter dans la tête, précisément parce qu’ils disent, chacun à leur façon, comment cette ville a fait la paix avec son hiver.
La première surprise, c’est la ville souterraine. Des kilomètres de galeries commerçantes qui permettent de circuler, « magasiner », travailler, manger, sans jamais remettre un pied dehors ni affronter le grand froid et la neige. Un véritable réseau souterrain digne des plus grands rongeurs! La première fois qu’on m’en a parlé, j’ai pensé que ce ne devait être qu’à l’échelle d’un centre commercial et que les gens ne pouvaient pas vivre sous terre 6 mois de l’année comme en tant de guerre. Et puis je l’ai emprunté ce réseau souterrain, et je pense avoir compris. Ce n’est pas de la fuite ou un besoin de se protéger, c’est de l’ingéniosité pure. Montréal n’a pas cherché à vaincre son hiver, elle a construit un double d’elle-même pour continuer à vivre, sans avoir à le combattre chaque jour.
Le second souvenir est à l’opposé du premier. Un soir, j’ai testé la piscine extérieure chauffée de l’hôtel, entourée d’un jardin entièrement enneigé. Et là… un spectacle improbable : des gens qui se baignaient en maillot de bain, un petit bonnet de laine sur la tête, un verre à la main, pendant que quelques flocons légers tombaient sur nous comme pour parfaire la scène. La neige blanche tout autour, l’eau chaude qui enveloppait les corps dans des volutes de vapeur. Ce contraste chaud-froid étaient complètement contre-intuitif et pourtant terriblement revigorant, me remplissant d’une énergie que je n’attendais absolument pas.
Le lendemain matin, jour de mon départ pour la France, j’avais attrapé froid. Bien sûr! Mais très honnêtement, l’expérience valait largement le petit prix payé au retour.
Deux façons, presque opposées, de vivre le même hiver montréalais : se protéger bien au chaud dans le réseau souterrain de la ville, ou aller chercher volontairement le contraste glacé en plein air. Je n’ai toujours pas décidé laquelle des deux en dit le plus sur cette ville, mais cette dualité, m’a donné une idée d’article bien plus intéressante que si Montréal m’avait simplement éblouie au premier regard.
La suite, plus stratégique cette fois, du côté de Regards Croisés…





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